Nature / Ecologie / Alimentation.

Retour des farines animales dans l’élevage. 

Un vrai coup de gueule aujourd’hui! Oui, vous avez bien lu, les farines animales seront de retour dans l’alimentation des animaux d’ici peu de temps! Après la « crise de la vache folle » et ses répercutions désastreuses, ces farines ne seront autorisées que pour les poissons, volailles et porcs! Et ça devrait nous rassurer?

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 Petit rappel :

La crise de la vache folle est une crise sanitaire, puis socio-économique caractérisée par l’effondrement de la consommation de viande bovine dans les années 1990 quand les consommateurs se sont inquiétés de la transmission de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) à l’homme via l’ingestion de ce type de viande.

Cette maladie est une infection dégénérative du système nerveux central des bovins. C’est une maladie mortelle, analogue à la tremblante des ovins et des caprins, causée par un prion. Une épizootie importante a touché le Royaume-Uni, et dans une moindre mesure quelques autres pays, entre 1986 et les années 2000, infectant plus de 190 000 animaux, sans compter ceux qui n’auraient pas été diagnostiqués. Cette épidémie trouverait son origine dans l’utilisation pour l’alimentation des bovins de farines animales, obtenues à partir de parties non consommées des carcasses bovines et de cadavres d’animaux. L’épidémie a pris une tournure particulière quand les scientifiques se sont aperçus en 1996 de la possibilité de transmission de la maladie à l’homme par le biais de la consommation de produits carnés. La maladie a fait à ce jour 204 victimes humaines, touchées par des symptômes proches de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, une maladie de même nature que l’ESB.

Relayée auprès du grand public par les médias, la crise éclate en 1996. Elle mêle à la fois des aspects éthiques, avec la prise de conscience des consommateurs de certaines pratiques courantes en élevage mais qu’ils ignoraient comme l’utilisation des farines animales, et économiques du fait de la chute de consommation de viande bovine qui en suivit et du coût des différentes mesures adoptées.

Diverses mesures ont été prises pour enrayer l’épidémie et préserver la santé humaine, comme l’interdiction d’utiliser les farines animales dans l’alimentation du bétail, le retrait de la consommation des produits considérés à risque, voire de certains animaux (animaux âgés de plus de 30 mois au Royaume-Uni), le dépistage de la maladie en abattoir et l’abattage systématique des troupeaux où un animal malade a été observé. Aujourd’hui, l’épidémie est presque complètement enrayée, malgré 37 cas bovins encore diagnostiqués au Royaume-Uni en 2008. D’autres cas humains pourraient néanmoins apparaître dans le futur car le temps d’incubation de la maladie peut être long. La crise de la vache folle laisse comme héritage une amélioration des pratiques dans la filière bovine, à travers le retrait de certaines parties de la carcasse à l’abattoir lors de la découpe, mais aussi une traçabilité renforcée des animaux. En santé publique, cette crise a également entraîné le développement du concept de principe de précaution.

C’est ce qu’on appelle un mauvais timing. Alors que toute l’Europe est plongée dans un scandale alimentaire, la Commission européenne a décidé de réintroduire les farines animales dans l’élevage. Sans rentrer dans un débat omnivore-végétarien (quoique), on peut néanmoins se demander ce qui passe par la tête des décisionnaires.  Retour-de-la-farine-animale

Les farines animales sont de retour pour nourrir une partie des animaux d’élevage.

Pas tous, bien entendu, mais dans un premier temps pour l’aquaculture dès le 1er juin 2013. La situation pourrait changer en 2014 avec une permission étendue aux porcs et aux volailles. L’interdiction pour les bovins serait maintenue, à condition que cette interdiction soit respectée sur le terrain, bien entendu…

Les farines que la Commission européenne autorise ne sont pas exactement les mêmes que celles produites jusque dans les années 1990 pour nourrir poissons, poules ou mammifères d’élevage. Les farines nouvelles générations ne seraient fabriquées qu’à partir de produits d’abattage propres à la consommation humaine et prélevés sur des animaux sains, alors que les farines d’antan étaient produites à partir de toutes sortes de sous-produits de carcasses…. Les nouvelles farines ne présenteraient donc pas les mêmes risques que les anciennes….

 1842755708 Une interdiction complète en 2001, une réintroduction en 2013.

A la suite de cette crise sanitaire, les farines animales ont donc été interdites en 1997 pour les ruminants, interdiction étendue à tous les animaux en 2001. Pour mieux réapparaître en 2013. Les raisons sont multiples : les farines de poissons, utilisées en aquaculture, deviennent plus chères puisque les ressources halieutiques sont moins importantes. Les éleveurs de porcs et de volaille trouvent le prix des céréales trop élevé. On remplace donc cette nourriture par de la poudre de carcasse sans sourciller.

Delphine Batho, la ministre de l’écologie a déploré cette décision. Elle estime que cela n’est pas dans la logique de la chaîne alimentaire que de donner de la viande à manger à des poissons. Pour elle, il s’agit de la même logique d’absurdité financière que pour la viande de cheval. Elle propose en conséquence la création d’un label « sans farine animale » pour dire aux consommateurs français: « le poisson que vous achetez n’a pas été nourri avec de la viande » !

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Les farines seraient sans danger : du 100% boeuf aussi ?

La Commission Européenne affirme que ces farines seraient sans danger. Sur le papier, bien entendu, le principe a été revu. Les farines seraient issues de morceaux propres à la consommation, garanties donc sans prions, ces protéines pathogènes. Cette première étape est déjà douteuse : peut-on le garantir ?

La deuxième condition est que le cannibalisme soit proscrit. Les porcs ne mangeraient pas de farine de porc mais de volaille, et inversement. Certes, le risque de transmission de l’ESB entre animaux non ruminants est négligeable, comme le rappelle Bruxelles. Seulement, certains argueront que les lasagnes 100% boeufs examinées récemment contenaient du cheval roumain sans que quiconque ne soit inquiété jusqu’à une date récente. Beaucoup suggèrent que les normes sanitaires et le traçage ne seraient pas exactement dignes de confiance ; la suspicion ne peut en tout cas pas être empêchée. Si Bruxelles a émis un avis, rien n’oblige cependant la France à suivre. En octobre 2011, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (ANSES) avait émis un avis négatif quant au retour des farines animales.

>> http://www.consoglobe.com/

>> Pétition : Non à la réintroduction des farines animales.

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